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"Les 8 portées de l'information"

Sur le repérage et l'extraction de l'information, du Savoir à la Connaissance
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"APPRENDRE COMME INVENTER, pour introduire le concept didactique d'insension"

Thèse de doctorat Sc. de l'Education - 2010
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Savoir rédiger un mémoire (M1, M2)

Méthodologie pas à pas pour démarrer et rédiger un mémoire

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 17:20

Petit temps, petite mer, petite brise, tout est calme. L'île de Houat sort de la brume de chaleur, sur la mer froide et bleue. La matelotte serre son ours brun contre elle, elle aime naviguer mais aussi s'allonger.

Le skipper écoute ses compagnons s'entretenir sur le pont avant, sous le foc gentiment tendu. Le bateau blanc et bois s'appuie sur son gros flanc babord, le soleil derrière la grand voile.

Petit bruit de l'eau, petit poisson volant -toc toc- rebondit à mes pieds dans le cockpit. Une sourde odeur annonce la terre pas bien grande mais habitée, à nous qui étions si loin de tout depuis quelques petites heures.

Petit port, petit quai, petit bout, petit anneau, petite promenade qui tangue. Cette chambre de petit hôtel est si minuscule et étriquée quand je pense à ce petit bateau si ouvert sur nos vies.

Revenir sur Terre?

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18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 22:20

Le maître du maître

 

Monsieur Bernex était professeur de français au Petit Lycée Condorcet, rue d’Amsterdam à Paris. Ce devait être dans les années 1960 à 1962.

 

 

 

 

J’écrivais mes rédactions comme d’autres se prenaient pour Rimbaud. Autrement dit, je ne faisais rien de ce qu’il fallait faire pour être académiquement un bon lycéen. J’écrivais mes devoirs par plaisir.

 

 

 

 

Le maître me mettait des notes extrêmes, bien trop élevées, dont tous mes copains avaient compris qu’elles signifiaient son désarroi et son doute, ne sachant ni me déjuger publiquement, ni faire comprendre qu’il ne savait pas comment s’y prendre pour faire de moi un bon élève, chose d’autant plus curieuse qu’il y en avait de vrais ! Monsieur Bernex m’aimait comme je l’aimais, et il ne savait que faire pour s’en sortir.

 

 

 

 

Il m’envoya une lettre, longue de plusieurs pages, pour me faire part de ses conseils. « Peut-être un jour serez-vous écrivain, comme vous semblez vouloir l’être… Si vous choisissez cette voie difficile… Mais en attendant… Vous conformer… Moi-même, j’ai connu de telles contraintes lorsque j’écrivais des poèsies… Croyez votre vieux « didaskalos[1] »… Prenez exemple sur vos camarades… » et il m’en citait un qui était très consciencieux. Il me suppliait de ne pas continuer à lui remettre ma prose lyrique et décousue.

 

 

 

 

Lors d’une séance particulièrement passionnante, il cita ces mots du professeur de Picasso qui se serait mis à genoux devant Pablo dans l’atelier à Madrid et lui aurait dit, alors qu’il avait à peine quinze ans : « Maintenant, c’est toi mon maître ! ». Le malaise s’amplifia lorsqu’il s’aperçut que cela pouvait être interprêté par les plus sournois, qui ne se gênérent pas de le faire.

 

 

 

 

Ce professeur, qui était beaucoup critiqué par les meilleurs éléments de ce lycée qui le traitaient de « gâteux », m’a fait comprendre l’essentiel de la fine dialectique entre la liberté et la contrainte sociale, entre l’idée et la forme. En me respectant et en me plaignant tout à la fois, il me fit découvrir ce que devait être le combat permanent d’une vie d’homme décidé à s’exprimer au sein d’une société conventionnelle.

 

 

 

 

De grand professeur de français, pénétré des meilleurs auteurs, capable de citer de mémoire les vers des frontons du Palais de Chaillot, ces apostrophes si sublimes de Paul Valéry, il passa au statut de vieux magister blanchi dont l’autorité était bafouable, ce qui me consterna. Je faisais un amalgame entre sa mollesse et sa discipline, à cause de lui je quittais mon admiration pour les Lettres, je reniais de mes études tous les génies debout à chaque page de Lagarde et Michard et je crachais sur leurs outretombes…

 

 

 

 

Il mit un coup d’arrêt à ses difficultés et à mes divagations en rompant brusquement le charme.

 

 

 

 

La composition faite en classe, qu’il venait de nous rendre ce jour-là selon le rituel habituel qui le faisait commencer par les plus mauvaises notes, me fut jeté le premier sur mon pupitre, avec cette simple annotation en rouge sur la première page : « Pathos et galimatias ! ».

A partir de ce jour, je dus me mettre à travailler, et je me jurai de ne plus croire en l'admiration d'aucun précepteur.

 

 

                © Gérard Delacour

 

 

 


[1] Didaskalos, celui qui enseigne, le professeur. Il avait écrit ce mot en grec dans sa lettre, ce que je trouvais très chic et fort apprêté. N’étions-nous pas des bourgeois esthètes ?!

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16 novembre 2005 3 16 /11 /novembre /2005 22:17

Croire et ne plus croire

 

 

 

 

L’Abbé Le Bouille était mon confesseur, il ressemblait à une petite forteresse campée sur ses pieds. A treize ans, j’étais plus grand que lui… Il faut dire aussi que le collège avait des murs hauts de plus de quatre mètres. Situé dans une lointaine région française, l’internat de mon adolescence avait sonné le glas de mon indépendance et de ma liberté de petit parisien heureux de pouvoir flâner sur le chemin entre le Lycée Condorcet et la maison.

 

 

 

Je m’étais donc retrouvé un dimanche soir, à la nuit tombée depuis longtemps, après un bien sinistre trajet en train qui sentait la bière et le bidasse, dans un dortoir de quatre-vingt lits où ronflaient la plupart des ouailles confiées par leur parents aux prêtres enseignants…

 

 

 

Mon confesseur habitait une petite chambre au dernier étage, sous les combles de cette immense bâtisse de style italianisant. Il me recevait régulièrement en fin de soirée, juste avant le dîner, car je ne manquais pas de remplir le « billet de confession » pour échapper à la fin de l’étude et à ses odeurs âcres de potaches mal lavés.

 

 

 

Ce soir-là, il me demanda si « j’avais la foi ?».

 

 

 

Je lui avais raconté qu’un « jeudi » 8 décembre quelques années[1] auparavant, le jour de la fête de l’Immaculée Conception, c’est-à-dire de la fête des enfants voués au bleu et au blanc de la Vierge Marie , mère de Jésus, j’avais eu la certitude de la voir et de l’entendre me parler. Elle se tenait devant le magnifique et imposant rideau blanc qui descendait du plus haut de la nef de l’église de la Trinité. J ’avais la foi, à n’en pas douter, moi qui jouais au prêtre avec les calices et bougeoirs en réduction que j’avais reçus en cadeau de ma mère.

 

 

 

Mais d’un coup, je me rendis compte que sa question était « masculine ». Elle s’adressait non pas à ma sensibilité de jeune garçon ému par la présence féminine et maternelle de Marie, mais à mon sentiment d’être un homme, à quelque chose comme de la maturité rationnelle de ne plus appartenir au monde des jupes des mères… C’est ce que je ressentis très précisément.

 

 

 

L’abbé Le Bouille était mon professeur de grec ancien. Nous l’adorions, car il était fantasque et plein d’humour sournois, ce qui le plaçait loin des enseignants laïcs ou confessionnels poussiéreux qui ânonnaient les autres cours. Je l’adorais car il était le seul adulte en qui je pouvais placer ma confiance. Ce que je voyais de son air frondeur, son âge bien supérieur au mien –avait-il cinquante ans ?- m’obligeaient au respect consentant, me permettaient d’avoir une vraie référence d’adulte vertueux et savant. Car il savait tout ce que je ne savais pas.

 

 

 

« As-tu la foi ? ». Sa question me glaça. J’eus l’air sans doute très ahuri. Il ne me laissa pas répondre : « Si tu crains Dieu, si tu ressens de la crainte pour Dieu, tu as la foi, c’est CA la foi en Dieu ! ».

 

 

 

J’étais effondré et joyeux en même temps. Effondré parce que je venais de prendre conscience en un éclair que ma référence religieuse vivante, ce petit curé rabougri et drolesque, ce petit prof de grec qui portait bien son nom car il avait une indéniable « petite bouille », ne croyait sans doute plus en rien, en rien du tout, et qu’il venait de me faire une énorme confidence ! Et joyeux parce ce que je découvrai dans ce même éclair, par ce soir d’hiver, que je n’avais plus la foi. Je me sentais libre.

 

 

 

Et je lui dis : « Mais je ne crains absolument pas Dieu, mon Père ». Il sourit, mais était-ce pour cette réponse ou pour avoir osé l’appeler « père » à une époque où cette expression moderne n’avait pas encore remplacé l’obligatoire « Monsieur l’Abbé » ? Il me donna l’absolution, en parlant tout bas comme d’habitude. Je n’y croyais déjà plus. Il était devant moi comme entièrement défroqué. Je le ressentais à la dérive, c’est moi qui servait d’appui à ses pratiques automatiques…

 

 

 

Lorsque je dis ma pénitence pleine de « Notre Père » et de « Je vous salue Marie », je pris la mesure de ce basculement fécond de toute ma vie. Mais en même temps que ce sentiment de bonheur libre, j’avais perdu toute référence, car j’avais perdu mon professeur, ma règle, ma famille, mon enfance, et ma religion. J’avais compris en même temps ma solitude et la relativité de tout savoir. J’avais un seul point d’appui qui n’était plus que moi.

 

 

 

Deux ans plus tard, on nous donna comme sujet de composition de trimestre : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis ». L’abbé Le Bouille avait jeté définitivement en moi le trouble de la conscience humaine face à elle-même, ce n’était plus seulement en Dieu que je ne croyais plus, mais en tous mes professeurs et en tous mes parents.

 

                © Gérard Delacour

 


[1] Ou comment un souvenir permet de situer une date précise : le 8 décembre fut un jeudi en 1949, 1955 (j’avais 9 ans), 1960 (14 ans), 1966, 1977… C’était donc sans aucun doute le 8 décembre 1955.

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Les 8 portées de l’information
article

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la découverte à l’appropriation de l’information

 

 

 

 

 

 

La plupart des systèmes d’informations propose la résolution du problème récurrent de la mise à disposition permanente d’un ensemble plus ou moins complexe d’informations.

 

 

 

Mais la nature de l’information est de n’exister que si elle est convenablement médiatisée.

 

 

 

Elle doit être supportée, pour être mise à disposition, et atteinte, pour être pertinente, en écho à des liens qui appartiennent à un tout autre champ, celui des besoins, questions et souhaits de l’utilisateur.

 

 

 

Si bien que, sans entrer davantage pour le moment dans l’analyse de cette complexité[1], nous pouvons lister différent états de l’information, qui l’adjectivent.

 

 

 

Ainsi l’information peut-elle être :

 

 

 

 

 

 

1.     Supposée enfouie

 

 

 

1.1.         A ce stade, il est seulement connu que l’informaton existe. Elle est concentrée dans un lieu ou bien elle est diffuse, mais on ne sait pas où…

 

 

 

1.2.         Il est vraisemblable que l’information existe quelque part, soit que ses effets soient connus, soit que son inexistence soit logiquement invraisemblable.

 

 

 

 

 

 

2.    Repérée

 

 

 

Le gisement est connu, approché, échantillonné.

 

 

 

Le repérage a porté aussi bien sur les contenus de l’information que sur ses supports, à la fois techniques et humains.

 

 

 

 

 

 

3.    Extraite

 

 

 

Le gisement étant atteint, nous dirons « à ciel ouvert », des méthodes permettent de transporter l’information de son lieu et stade d’origine vers un autre lieu, en vue de son utilisation.

 

 

 

Ce transport doit préserver la valeur et la cohérence –l’état intime– de l’information originelle. L’extraction doit donc être opérée grâce à des outils qualitatifs.

 

 

 

 

 

 

4.    Disponible

 

 

 

L’information extraite peut être consultée parce qu’elle est médiatisée grâce à des outils répandus ou parce qu’elle est accompagnée du média adéquat, jouable de manière autonome.

 

 

 

Cette disponibilité ne permet par elle-même aucune assurance quant à l’utilisation de l’information.

 

 

 

Une information peut être disponible et n’être jamais consultée ni utilisée. Il existe ainsi sur Internet d’innombrables « ghost sites ».

 

 

 

 

 

 

5.    Utilisable

 

 

 

L’information disponible peut être atteinte et elle devient utilisable en raison de l’adéquation ergonomique[2] entre média et utilisateur.

 

 

 

 

 

 

6.    Révisable

 

 

 

Au double sens de :

 

 

 

-         qui peut être facilement mise à disposition de l’utilisateur sous forme de révision, ce qui suppose un traitrement différent que simplement revoir la même information,

 

 

 

-         qui peut être mise à jour via le système d’administration développé.

 

 

 

 

 

 

7.    Révisée

 

 

 

Information mise à disposition -avec historique lorsque c’est utile- dans l’état le plus contemporain possible des besoins de l’utilisateur et avec l’option pour lui de choisir différentes durées compatibles avec sa compréhension, à chaque niveau souhaité.

 

 

 

 

 

 

8.    Utilisée

 

 

 

Sera appelée utilisée toute information qui aura franchi les 7 étapes précédentes et dont l’utilisateur pourra dire qu’elle est intégrée  à sa compétence.

 

 

 

Cette information est utilisée parce qu’elle est appropriée –au double sens qu’elle convient et qu’elle appartient à l’utilisateur–

 

 

 

Le perfectionnement et l’ancrage de cette compétence se font par récurrence entre les niveaux 7 et 8.

 

 

 

 

 

 

Une schématisation simple montre que l’information émerge, du stade 1 à 6 et qu’elle vit dans le Sujet (l’utilisateur en position de dire « je ») par avancée récurrente symbolisée par la figure de la spirale, aux stades 7 et 8.

 

                © Gérard Delacour

 


[1] Voir texte sur « le destin de l’induction »

[2] Ergonomie du travail :  science des conditions de possibilité du travail

 

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Dans le cosmos, les débats sont toujours moroses. La tension interne à son apogée, telle une fusée retenue de s’envoler. Personne ne peut exprimer ce qu’il en est. J’ai été au bord de le dire, me trompant sur le paysage en dessus, invisible depuis la berge, car il est sous la berge. « C’est très intéressant », disait-elle, mais « c’est inutile ». Qui peut imaginer un seul instant à quel point l’enfant que j’étais n’existait pas ? Le décalage diabolique entre la sensation d’être interdit de vivre et la dynamique sociale du visible ?

Mensonge sur ce que le sujet souhaite vraiment :
Etre aimé de sa mère, interdit de dire,
Mère déjà partie avant d’être.
Absente dans chacun de ses gestes,
Mère fine délicate si violente.
Mère au regard tourné, au regard au moins double, multiple,
A la saveur aigre, intouchable, interdit de dire,
Au parfum de fleur de Mai, muguet passager éphémère,
Effet sans cause d’amour, « ô oui, mon chéri ! »,
Danger du mot, jugement dernier,
Terreur du diable, sortie de soi,
Glissement infini progressif,
Délire religieux, appel, secours, apnée, spectacle,
Mise au linceul, lit éternel, allongement du silence,
 Laboratoire du désir formolé des odeurs,
Ou quelques photos des déjà-morts,
Et vivre avec ces accroches de souvenirs ressassés,
Monstruosité discrète, fatigue de l’incommunicabilité,
Papier délité, temps, carnets, interdit de dire,
Résistance comme volet clos, rouille, accroche-fenêtre,
Transparence du négatif suspendu au carreau,
Plaque argentique tombée du futur relié, ruban,
Radiateur chauffé au soleil, tiède d’absence humaine,
Cette main est la plage des os, couverts de peau si fine
Qui, s’interdisant de dire, n’a jamais osé,
Qui n’a jamais caressé.

 

                © Gérard Delacour

 

Saint-Lunaire, 7 mars 2004.

 

 

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Mort Media

 

 

Mais à quel point de déni sommes-nous parvenus pour que la mort soit médico-psychologisée ainsi ? Rouler en SAMU dans la transfusion salie des accidents, dans la mer parsemée de débris, se rouler dans le détail des déversoirs médiatiques qui fabriquent l’épuration du spectateur.

 

 

Banal : un avion, mal entretenu, enrichissait bien ses propriétaires et faisaient vivre de pauvres navigants. Des touristes, ces bulles de savon déguisées, revenaient d’un déplacement en Egypte. Deux virages et 17 secondes après le décollage, le Boeing les entraîne brusquement au fond de la Mer Rouge , jusqu’au bord incliné d’une falaise sous marine. Seule trace active : un très faible signal parvient de la boite NOIRE.

 

 

Les fleurs, les ministres, les témoignages, puis la photo de Paris-Match, sont les éléments obligatoires de ce commerce de détail. La recette est la même qu’à l’événement précédent, la minutie recouvre le « sérieux », la parole politicienne recouvre les élections proches, le théâtre occulte la perversité et le tout coûte, s’achète, se vend, se dit, se montre et se remontre en une mise en névrose répétitive, comme il se doit.

 

 

La mort publique de quelques villégiaturés n’est pas celle d’un africain malade, ou d’un soldat victime d’une erreur de tir, ou encore d’un prisonnier désespéré. Cette mise en scène me concerne bien car elle concerne l’absurdité de la vie telle que présentée par notre civilisation.

 

 

Tout y est : la victime innocente, chacun de nous, en état de grâce de retour de vacances, le soleil du pays des pharaons, au bord d’une mer mythique qui baigne la terre ancestrale, l’eau chaude et mystérieusement profonde, vertigineuse, la technique vieillissante et ennemie jouée par l’avion cercueil, le vendeur de rêves, ambassade « fram »çaise qui promeut chacun en VIP du maillot égypto-cultureux, l’attente de l’arrivée définitivement retardée à l’aéroport de Paris émiettée par le journaliste –ah ! l’article du journal Le Monde[1]--, le ministre des affaires « étranges », mais en fait bien ordinaires, qui vient en croque-mort nous assurer de ses condoléances aux familles –sauf pour la famille de 7 personnes qui est toute entière au fond de l’eau--, paré de sa dignité feinte qui devrait le servir un jour d’urnes prochain, le bureaucrate directeur de l’aviation civile (pas de faits de guerre ici, des faits divers de la mort commune) empêtré dans ses accords internationaux et à mille mille des boulons manquants, des fausses « pièces d’origine » asiatiques et des mécaniques défectueuses.

 

 

La recette est parfaite : il y a la vie et la mort, l’innocence, les sciences et techniques, le destin, la politique, les médecins et psychologues pour les vivants. Donc nous sommes bien vivants, puisque nous assistons au spectacle vécu par d’autres, morts, et ainsi en boucle jusqu’à la prochaine occasion.

 

 

Ici une passerelle qui menait au plus grand paquebot jamais construit –entendez un embarquement pour Cythère--, là un charter –entendez une barque vers les enfers-- .

 

 

Obsession de cette civilisation face à son incapacité à penser la Mort et la fatalité du Survenu.

 

 

Manque de discours sur l’acceptation de la Condition de l’Homme.

 

 

Marchandisation journalistique, mortifaire pour la Démocratie.

 

 

Mais la contemporaine jouissance, ici encore, provoquée par ces scènes de victimisation expiatoire, interdit absolument qu’il en soit débattu. C’est sur cette perversité là –cette catégorie de plaisir non analysé-- qu’il faut discourir afin d’atteindre à une meilleure maîtrise de Soi devant l’Incontournable.

 

                © Gérard Delacour

 

 

Paris, 6 janvier 2004.

 

 



[1]  Le Monde du 6 janvier 2003, p.11-12 « Le crash du vol FSH 604 », « La détresse des familles et l’embarras des officiels dans le hall T3 de l’aéroport Charles-de-Gaulle » : « « delayed », retardé, dit longtemps le panneau dans le langage de l’aéroport… ». Et un lapsus calami se glisse à la colonne suivante : « les arrivants… sont invités à se présenter… » pour les « attendants du vol… ». Tous les détails vécus, nous sommes aussi des « attendants » d’un spectacle que nous ne verrons pas.

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Succession 1

 

 

Accident. Je suis en insécurité. L’air n’est pas tranquille. Boite aux lettres et fenêtres sont mal fermées, ou bien vont être envahies par les ennuis sans fin. Le droit rôde. La parole est close, elle est morte, enallée avec le cercueil, redoublant d’enfermement, linceul, boite, fosse, dalle, caveau. La maison est vidée, même les crochets X n’y ont pas résisté.

 

 

Nous n’avons pas cessé de nous méconnaître. Les photos mentent sur la période, et l’histoire est illisible. Ce qu’il fallait dire n’a plus de voix. Le dernier convoi est parti. Nuage de points, papier glacé, blancheur solaire, sourires inextinguibles. L’air n’est pas tranquille.

 

 

J’ai tenté le bouche à bouche, j’y ai perdu le souffle, j’ai respiré trop tôt, j’ai manqué me noyer. J’ai donné la main à un corps-mort de paquebot, j’y ai laissé ma foi, j’ai appris le silence, j’ai connu le souterrain.

 

 

Les trains sont partis chacun de leur côté, et pourtant ils étaient proches. Tout en verre securit, tout en portes automatiques, tout plus coupant que des lames, rangés le long des rails, si proches à l’heure du baiser sur le front, nous, enfants des chambres noires.

 

 

Les notaires téléphonent et renseignent. Ecrivent. Ils passent comme des robes empesées, lourdes et sans bruit. L’air est déplacé, l’air n’est pas tranquille. Missives et choses se cachent. Chacun craint d’être désigné. Chacun calcule le temps pour passer du temps avant de répondre, les questions sont rares, tranchantes comme des sabres encore propres. Les objets s’éparpillent, les odeurs disparaissent, recouvertes par d’autres. Les camions emportent.

 

 

Je suis insécurité, ma peau vibre, je ne suis pas en paix. Personne au-dessus de moi, orphelin nouveau venu sur la terre humide et meuble, où poser le pied ? L’air n’est pas tranquille, j’ai à répondre de mon choix. Mon avis, consulté, noté, a force invisible sur les questions des autres. Ce sont des égoûts où se perdent les lettres d’amour, où l’encre sympathique ne dévoile que fadaises, passé reécrit d’un coup, autrement[1].

 

 

L’air n’est pas tranquille. Je n’y reconnais rien, récit passé, j’apprends la mort, papiers pliés, boites à chaussures, cartons durcis, cintres. Mort, anneau ouvert, lien des images, transmission vidée, succès du vide, plus personne devant moi.

 

 

                © Gérard Delacour

 

Saint-Lunaire, 11 février 2004.

 


[1] « Le passé est un pays étranger, les choses s’y font autrement ». En exergue au début du film « The Go-Between » de Joseph Losey.

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